le sexe masculin, ce rituel ancien …

le sexe masculin, ce rituel ancien …
Depuis des millénaires, le sexe masculin s’est imposé comme l’emblème visible : celui qui se dresse, proclame, féconde.
Pour un regard vraiment étranger, il devient autre chose : un rituel ancien gravé dans la chair, une cérémonie solitaire dont la solennité survit, même quand le sens premier s’est estompé.
Cette image ne vise pas l’organe brut, mais le récit qu’on en a fait.
Là où le féminin fut codé en mystère intérieur et cycles discrets, le masculin s’est bâti en geste extérieur : il monte, offre, projette, marque le monde du visible.
À un observateur d’un autre temps, cet appendice qui s’éveille en urgence, accomplit son acte bref et retombe, évoque une procession antique miniature – un fidèle unique portant son idole dressée, espérant que le geste portera : fertilité, protection, renaissance.
Sa mécanique paraît d’une simplicité sacrée : montée solennelle, offrande intense, semence répandue comme une libation qui retombe dans le silence.
Autrefois collectif et bruyant – phallus promenés dans les rues, Priape aux jardins –, ce rituel s’est replié dans l’intimité d’un seul corps.
Il garde pourtant sa mémoire : un élan votif, un pari naïf sur l’écho, la réponse, la continuité.
Comparer le sexe masculin à un rituel ancien n’est ni le moquer ni le sanctifier : c’est souligner son mélange de gravité et de vulnérabilité.
C’est rappeler que cette offrande n’est qu’une invocation, un pari sur l’autre.
Cela invite à le voir autrement : non plus comme l’évidence qui s’impose, mais comme un geste ancien, fragile et fervent, qui attend toujours qu’on reprenne la mesure avec lui.
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